Le 21 novembre 2017 les partenaires du PAEC de l’agglomération Lyonnaise organisent une journée technique sur le colza associé. En attendant le programme détaillé nous vous proposons de découvrir cette technique agroécologique.

 

Qu’est-ce qu’une association de culture ?

 

Les associations de cultures consistent à semer simultanément ou en décalé au moins deux espèces de plantes sur une même parcelle. Il existe différents types d’association, comme :

  • Les mélanges du type méteil (association de céréales et de protéagineux). L’ensemble des plantes mélangées est alors récolté.
  • Les associations avec des plantes compagnes (comme pour le colza par exemple). Les plantes compagnes ne sont pas récoltées et rendent avant tout des services agroécologiques à la culture.
Quel est l’intérêt de semer en association ?

 

Malgré quelques spécificités techniques liées à leur implantation, les associations rendent de nombreux services agroécologiques qui permettent par la suite de se passer, au moins partiellement, de certains intrants (engrais azotés, pesticides) tout en garantissant la production voire en l’améliorant[1].

Dans le cas du colza associé, les plantes compagnes, semées simultanément à la culture, participent :

  • A l’occupation du sol durant l’automne et l’hiver sous forme vivante ou de résidus. Ainsi elles limitent le développement des adventices le temps que le colza soit suffisamment couvrant pour assurer un contrôle par lui-même.
  • A l’enrichissement du sol en azote, par la fixation symbiotique d’azote lorsqu’il s’agit de légumineuses ou par effet « piège à nitrate ».
  • A la perturbation des cycles des bio-agresseurs du colza (limaces, altises, charançon du bourgeon terminal, pucerons) par la création de barrières physiques entre les plants de colza ou de substituts alimentaires au colza, limitant ainsi leur propagation.
  • A l’amélioration de la structure et de la fertilité du sol par le développement racinaire des plantes compagnes et par la matière organique restituée au sol.

 

Quelles espèces choisir ?

 

Le choix des plantes doit se tourner vers des espèces :

  • Vigoureuses pour occuper le sol rapidement après le semis en attendant que le colza soit suffisamment couvrant
  • Gélives pour éviter toute intervention de destruction chimique ou mécanique et limiter la compétition avec le colza au printemps
  • Légumineuses pour fixer l’azote atmosphérique qui sera restitué au sol à la destruction des couverts au bénéfice du colza.

La liste d’espèces suivantes n’est pas exhaustive mais représente un bon panorama des espèces d’ores et déjà testées et approuvées.

Espèces

Intérêts
Nyger Rapidité de démarrage et appétence pour les limaces
Sarrasin Rapidité de démarrage et couverture automnale du sol
Lentille Occupation de l’espace inférieur dans le mélange
Trèfle d’Alexandrie
Trèfle blanc
Vesce commune Couverture du sol automnal et création d’un important paillage une fois détruite par le gel
Gesse
Féverole de printemps Plante tuteur, importantes nodosités et racine pivotante
Fenugrec Rapidité de démarrage
Pois fourrager de printemps

Sources : Agri-Genève, Terres Inovia

Les espèces de plantes compagnes qui seront mélangées au colza doivent être complémentaires dans leurs comportements. Par exemple la féverole, le sarrasin ou le nyger qui ont une architecture érigée serviront de tuteur aux légumineuses grimpantes (vesce, gesse, lentille, pois). Des systèmes racinaires complémentaires doivent aussi être recherché dans le mélange.

A titre d’exemple, voici un mélange possible :

Espèce Nyger Sarrasin Lentille Trèfle d’Alexandrie Vesce commune Gesse Féverole
Proportion de la dose en pur * 20% 20% 15% 15% 15% 15% 15%

*dose utilisée si chaque espèce était semée seule

L’utilisation d’espèces compagnes non-gélives peut s’envisager si l’on désire avoir un couvert en place dès la récolte du colza qui pourra ensuite être récolté comme culture fourragère ou servir de couvert d’interculture, par exemple du trèfle blanc. Cela implique toutefois une prise de risque supplémentaire vis-à-vis du colza et donc une bonne maîtrise technique (choix des variétés, ajustement de la fertilisation et du désherbage).

 

Implantation

 

Les ajustements techniques liés à l’association du colza sont limités. Ils consistent principalement à anticiper la date de semis du colza par rapport à un colza pur d’une semaine à 15 jours. La densité de semis est maintenue. Les semences de plantes compagnes seront mélangées au colza dans le semoir sauf dans le cas d’un semis avec un semoir monograine. Dans ce cas, semer préalablement les plantes accompagnatrices au semoir à céréales puis le colza.

Pour assurer la réussite de l’implantation des espèces, il est important d’avoir une pression des adventices faible sur la parcelle.

 

Fertilisation, gestion des adventices et des ravageurs et résultats

 

Les résultats montrent de vrais avantages en termes de fertilisation de la culture et de maitrise du salissement. Malgré un léger retard de végétation du colza à l’automne du fait de la compétition avec les plantes compagnes, les rendements sont similaires voire supérieurs au colza pur même avec une réduction de l’apport d’azote jusqu’à 30 unités. Le désherbage d’automne est par ailleurs supprimé ainsi que le traitement insecticide d’automne si la pression des ravageurs est faible à modérée.

Indispensable en colza biologique, l’association du colza avec des plantes compagnes se démocratise dans tous types d’agricultures. Elle participe à l’amélioration de la qualité des sols, au même titre que l’utilisation des couverts en interculture ou en prairies temporaires, tout en rendant de précieux services agro-écologiques à la culture de colza.

Vous désirez en savoir plus ? La journée technique du 21 novembre 2017 est organisée à cet effet, alors restez connectés pour obtenir le programme complet !

 

[1] La plupart des études sur les associations de cultures ont mis en lumière que le rendement total des cultures associées est meilleur que ces mêmes cultures pures à surface et à itinéraire technique équivalents.