Une quarantaine d’acteurs de la profession (agriculteurs, techniciens, conseillers, ingénieurs) ont affronté le froid, la pluie et le vent vendredi 18 novembre pour venir assister au premier événement organisé par les partenaires du PAEC(1) de l’agglomération lyonnaise.

La journée s’est poursuivie avec les interventions techniques de Jean PAUGET (ARVALIS – Institut du végétal) et de Sébastien TALLOTTE (ARDAB), la visite des deux sites d’essais (M. MASSON à Meyzieu et Y. BILLY et V. CHABROUD à Toussieu) et les profils culturaux réalisés par Sébastien ROUMEGOUS (ISARA et CDA).

Lors de cette matinée, J. PAUGET a présenté les résultats des essais menés par ARVALIS sur les cultures intermédiaires et les effets sur l’azote en termes de piégeage des nitrates et de fertilisation de la culture suivante. Il a ainsi rappelé que les couverts consomment de l’azote minéral (sol ou atmosphérique) pour leur croissance et que cet azote est ensuite minéralisé une fois restitués au sol.

Toutes les espèces de couverts ne consomment pas les mêmes quantités d’azote et cette consommation est proportionnelle à leur croissance. J. PAUGET précise : « Les crucifères sont plus performantes que les graminées, elles consomment plus d’azote [du sol], plus vite, mais les légumineuses sont celles qui accumulent le plus d’azote [issu de la fixation atmosphérique] dans leurs parties aériennes ». Cette différence s’observe également dans les écarts de rendements du maïs après CIPAN par rapport au sol nu. Chacun a pu apprécier les résultats des essais menés entre 2010 et 2012 : +31 q/ha après des mélanges légumineuses + crucifères ou légumineuses + graminées et +42 q/ha après des légumineuses pures, contre +8 q/ha après des crucifères pures et +3 q/ha après des graminées pures.

Ces résultats ont pu conforter l’intérêt des participants pour les couverts d’interculture. De même, l’intervention de S. TALLOTTE aura permis de confirmer cet intérêt. Il explique : « En agriculture biologique, on est déficitaire en azote. Les couverts vont jouer le rôle de pompe à nitrates pour ensuite tout réinjecter dans le sol. » Il nous rappelle également que l’implantation des couverts ne dispense pas d’une bonne gestion des apports en engrais organiques sur la culture suivante et que les couverts sont aussi un moyen de lutter contre les adventices par l’occupation des sols car il n’est pas possible d’utiliser de produits phytosanitaires.

Margaux Sabourin
Pour Animation Agro-Ecologie du PAEC de l’agglomération Lyonnaise

(1) PAEC : Projet Agro-Environnemental et Climatique (partenaires : Maison François Cholat, Terre d’Alliance, La Dauphinoise, Ets Bernard, ARDAB, Chambre d’Agriculture du Rhône, Collectif pour le Développement de l’Agroécologie, Métropole de Lyon)