Une quarantaine d’agriculteurs, techniciens, conseillers ou ingénieurs  étaient présents lundi 19 juin au second événement – « Réussir son maïs avec moins de phyto » – organisé par les partenaires du PAEC de l’agglomération lyonnaise.


 

Cette matinée a permis de découvrir l’EARL des Bruyères (Stéphane PEILLET et Laurent BERNOUX à Saint Priest) et les essais de désherbage sur maïs qui y ont été menés. L’objectif était de présenter les 8 modalités testées et leurs impacts sur le développement des adventices.

Modalités de l’essai

 

Eric FARRE (Chambre d’agriculture du Rhône) présentant les essais

Les modalités variaient en fonction des paramètres suivants :

  • stades de désherbage (de la prélevée à 4-5 feuilles)
  • localisation du désherbage (sur le rang ou en plein)
  • dose de produits appliqués (de la dose pleine agriculteur à 80% de la dose)
  • combinaison désherbage chimique / désherbage mécanique
Localisation Produits / Doses Désherbage mécanique IFT
1 Prélevée sur le rang Produits à pleine dose agriculteur* Binage à 3F 0,41
2 80% de la dose agriculteur 0,33
3 Post précoce en plein Produits à pleine dose agriculteur Non 1,22
4 80% de la dose agriculteur 0,98
5 Post-levée (4-5F) Produits à pleine dose agriculteur 1,66
6 80% de la dose agriculteur 0,94
7 Post précoce en plein Produits à pleine dose agriculteur 1,34
8 80% de la dose agriculteur 1,07

* on parle ici d’une dose agriculteur, c’est-à-dire d’ores-et-déjà inférieure à la dose homologuée et appliquée « en général » par les agriculteurs

Les programmes de désherbage mis en place visaient à répondre à l’enjeu principal du territoire – préserver la qualité de l’eau – et à deux enjeux pratiques sur le terrain : diminuer l’utilisation des herbicides chimiques et évaluer l’efficacité technique et économique des pratiques.

L’objectif de la matinée, concernant ces essais, était donc de comparer les itinéraires selon leur Indice de Fréquence de Traitements (IFT) et les observations faites au champ et de discuter les enjeux pratiques.

Qu’est-ce-que l’IFT ?

 

C’est un indicateur de suivi de l’utilisation des produits phytosanitaires à l’échelle de l’exploitation, de la parcelle ou de la culture. Il correspond au rapport entre :

La dose homologuée, pour un produit phytosanitaire, représente la dose maximale autorisée par traitement sur une culture donnée et pour un bio-agresseur cible.

Quels résultats ?

 

A l’observation, la partie du champ avec les deux première modalités, combinant chimique et mécanique, était plus envahie d’adventices (notamment d’ambroisie) que celle avec les autres modalités en tout chimique. Cela s’explique par :

  • les conditions d’application probablement défavorables du produit au semis (22°C pour seulement 40% d’hygrométrie) contrairement aux conditions plus favorables pour le reste des modalités (entre 8 et 14°C et 72 à 84% d’hygrométrie) ;
  • la stimulation de la levée des adventices par l’intervention mécanique. Un second passage d’outil aurait permis de les détruire.

Yves POUSSET (Arvalis)

Cependant, les résultats ont été concluants selon Yves POUSSET (ARVALIS – Institut du végétal), pour ces deux modalités qui représentent les plus petits IFT de la série. Il précise que pour avoir de bons résultats lorsque l’on combine chimique et mécanique il est nécessaire de partir d’une base propre. Il est donc indispensable de bien maîtriser les leviers agronomiques en amont de la culture ainsi que la rotation. Cela demande de la technicité mais permet à la fois d’avoir une « forme d’assurance [sur le résultat] avec le chimique tout en ayant moins recours à ces produits ».

Le reste des modalités, celles présentant des doses de produits, et donc des IFT, plus faibles (n°4-6-8) ont eu des résultats équivalents, en ce qui concerne la présence d’adventices, aux modalités avec des doses plus élevées (n°3-5-7). Les adventices étaient peu développées.

En conclusion, les résultats ont montré qu’une diminution de 20% de la dose* des produits utilisés permet d’obtenir de bons résultats, équivalents à ceux obtenus avec une dose pleine. Cela est à mettre en perspective avec les conditions climatiques (températures et pluviométrie) qui ont été peu favorables au développement des végétaux ce printemps. Cependant, l’essai a été réalisé en condition irriguée, la très faible pluviométrie n’a donc pas été limitante.

Les programmes de désherbage présentés lors de la matinée étaient soit basés sur des traitements chimiques, soit sur une combinaison de mécanique et du chimique mais décalés dans le temps. Il est toute fois possible d’allier désherbage chimique et désherbage mécanique au même moment avec le désherbinage. Celui-ci est réalisé grâce à une bineuse, sur laquelle les buses du pulvérisateur sont montées. L’inter-rang est alors biné tandis que le rang est désherbé chimiquement. On estime qu’avec cette technique seul un tiers de la surface est traité, ce qui permet de diviser par 3 l’IFT (à dose appliquée équivalente).

D’autres journées et formations proposées par le CDA ou la Métropole seront l’occasion d’aborder ces sujets. Restez connectés pour suivre l’actualité des interventions !